Des besoins massifs de recrutement pour accompagner et soutenir la perte d’autonomie dans les deux prochaines décennies : c’est l’enseignement principal d’une étude de la Drees, l’institut statistique du ministère de la Santé, qui a réalisé des projections de population âgée en risque de perte d’autonomie, avec divers scénarios.
En 2050, près de 23 millions de personnes âgées de plus de 60 ans vivront en France, soit cinq millions de plus qu’en 2021. Au total, pour prodiguer les soins de base des personnes âgées en perte d’autonomie à domicile ou en Ehpad, au moins 156 000 emplois supplémentaires (ETP) seraient nécessaires en 2050, selon l’étude. Dans le détail, il faudrait 38 000 ETP d’aides-soignants supplémentaires en Ehpad (+14 % par rapport à 2021) et 118 000 ETP d’aides à domicile en plus (+62 %), dans l’hypothèse de l’absence de création de nouvelles places en Ehpad.
Dans un deuxième scénario (où le nombre de places en Ehpad ne serait pas contraint), ce sont même 202 000 emplois supplémentaires ETP qui seraient nécessaires, partagés entre les soins de base en Ehpad (+142 000 ETP d’aides soignants) et les aides à domicile (+ 60 000).
L’étude pousse même la prospective jusqu’en 2070. Sans création de places en Ehpad, il y aurait un besoin de 36 000 professionnels supplémentaires dans ces établissements (soins de base) et de 112 000 ETP pour l’aide à domicile. Et dans le scénario sans aucune contrainte en nombre de places, le besoin en personnel exploserait : +155 000 en Ehpad et + 48 000 pour les aides à domicile.
Si les besoins de recrutement sont aussi massifs, c’est parce que les résidents seront beaucoup plus nombreux à avoir un besoin d’aide important (tableau ci-dessous) : ainsi 85 % des résidents auraient un GIR 1 ou 2 en 2050, contre seulement 59 % en 2021. Autrement dit, sans forcément accueillir – globalement – davantage de résidents, les Ehpad accueilleraient 172 000 seniors avec un besoin d’aide important (en GIR 1 ou 2) supplémentaires.

Bascule aussi vers le domicile
À moyen terme, le fait de favoriser fortement le soutien des personnes âgées à domicile et de limiter les places en Ehpad (comme le privilégient désormais les politiques publiques) demanderait aux Ehpad d’accueillir en priorité les seniors les plus vulnérables et pourrait entraîner le report d’une très grande partie des résidents âgés vers des habitats intermédiaires. Si les résidences autonomie accueillaient ces derniers, le nombre de places qu’elles proposent, qui s’élève actuellement à 113 000, devrait alors être multiplié par 4,6 d’ici 2050, précise la Drees. Et le nombre d’aides à domicile nécessaires pour accompagner les bénéficiaires de l’APA à domicile augmenterait de plus de 60 % d’ici 2050… Un autre choc démographique.
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