Jusqu’à résolution complète

Un suivi attentif des otites séromuqueuses

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Publié le 01/12/2020
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Cause fréquente de consultation, l’otite séromuqueuse demeure difficile à prendre en charge, les traitements médicamenteux étant peu efficaces. L’état tympanique et l’audition doivent être contrôlés de manière régulière. Un avis ORL peut être nécessaire.  
Les yoyos peuvent être envisagés en cas de baisse de l’audition

Les yoyos peuvent être envisagés en cas de baisse de l’audition
Crédit photo : phanie

L’otite séromuqueuse (OSM) est retrouvée chez près de la moitié des enfants entre 1 et 5 ans. Il s’agit d’une otite moyenne chronique à tympan fermé avec inflammation entraînant une métaplasie de l’épithélium de l’oreille moyenne et une collection liquidienne dans ses cavités, sans signe d’infection aiguë. La persistance de l’épanchement au-delà de 3 mois d’évolution définit l’OSM.

Explorations et recherche de facteurs associés

L’otoscopie permet le diagnostic, en montrant un tympan opaque, gris ou bleuté, non ou très peu inflammatoire, éventuellement avec des bulles ou un niveau liquide. L’atteinte est typiquement bilatérale.

Certaines situations nécessitent d’autres explorations et un avis ORL, notamment une poche de rétraction à l’otoscopie, qui est à risque d’évoluer vers un cholestéatome et nécessite une prise en charge ORL urgente.

En cas d’obstruction nasale chronique, de respiration bouche ouverte ou de ronflement associé, un examen du cavum par nasofibroscopie doit être demandé pour rechercher une hypertrophie des végétations adénoïdes.

Si l’OSM est unilatérale et persistante, une tumeur du cavum doit également être recherchée par nasofibroscopie.

En cas de troubles de l’équilibre associés, de retard de langage, de difficultés scolaires, un examen audiométrique est recommandé.

La présence d’une allergie respiratoire ou d’un RGO doit être recherchée en présence de points d’appels.

Enfin, un suivi ORL régulier doit être mis en place chez les enfants présentant des malformations craniofaciales (fentes, trisomie 21, craniosténoses, etc.).

Attendre trois mois

Lors de la découverte de l’épanchement, si aucune situation à risque n’est détectée par le pédiatre, toute intervention est inutile pendant les 3 premiers mois. En effet, l’épanchement guérit le plus souvent spontanément et seule une simple surveillance est de mise.

Les traitements médicamenteux (antibiothérapie générale ou locale, anti-histaminiques, décongestionnants, mucolytiques, corticoïdes oraux ou par voie nasale, etc.) n’ont montré aucune efficacité à moyen ou long terme.

Les méthodes d’auto-insufflation ou d’insufflation tubaire au ballon peuvent aider à la prise en charge chez un enfant compliant âgé de plus de 4 ans.

Si l’épanchement dure au-delà de 3 mois, c’est au spécialiste ORL de faire un bilan de l’audition de l’enfant. En cas de diminution il proposera un traitement et évaluera l’intérêt d’une prise en charge chirurgicale.

Selon les recommandations de la HAS, en cas de baisse de l’audition d’au moins 25 dB, la pose d’aérateurs transtympaniques peut être envisagée, ainsi que l’adénoïdectomie après l’âge de 4 ans (en dehors de ses indications propres).

En présence d’aérateurs transtympaniques, le traitement d’une otorrhée repose sur des gouttes antibiotiques auriculaires.

Après guérison de l’OSM, un bilan orthophonique est recommandé chez les enfants qui ont une persistance de retard de langage ou d’apprentissage de la lecture. L’enfant doit être suivi jusqu’à résolution complète et durable de l’OSM afin de ne pas en méconnaître les complications.

Communication du Dr François Simon (Hôpital Necker-Enfants Malades, Paris)

Dr Christine Fallet

Source : Le Quotidien du médecin