Choosing wisely, « quand faire moins, c’est faire mieux »

Publié le 20/03/2020
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Réduire les prestations médicales, utiliser au mieux les thérapeutiques et moyens diagnostiques… Tels sont les objectifs du programme international Choosing wisely, autrement dit « choisir avec soin », lancé aux États-Unis. Dans la lignée, plus d’une douzaine de pays ont suivi, dont la France, qui adhère à cette démarche sous la supervision du Collège de la médecine générale. En substance, chaque pays liste cinq prestations fréquentes en soins primaires et adaptées à ses spécificités que les médecins et les patients devraient remettre en question. « On entend par "prestation" aussi bien les prescriptions médicamenteuses que les examens de laboratoire, de radiologie, etc., explique le Dr François Lacoin, généraliste à Aix-les-Bains et responsable du pôle Médicament du Collège de la médecine générale. Cela oblige à un travail collaboratif, aboutissant à des décisions communes entre médecins et patients. » En pratique, un panel de soignants propose une quinzaine de prestations qui posent potentiellement problème dans l’usage qui en est fait. Un panel de patients fait de même de son côté. Chacun fournit un support aux discussions, qui aboutissent à une short list de cinq prestations consensuelles.

Une réponse au mésusage des soins en santé

En France, ce travail est en cours, piloté par le Dr Mathilde François du DMG de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. « La liste restreinte n’est pas définitive, illustre le Dr Lacoin, mais on pourrait y retrouver par exemple l’usage des AINS dans l’angine, des antibiotiques dans les bronchites aiguës, du dépistage du cancer du sein, du dosage du PSA ou du scanner du rachis lombaire. »

« Le "choisir avec soin" est l’une des réponses au mésusage des médicaments et des soins en santé en général, poursuit le Dr Lacoin. Elle sera d’autant plus efficace qu’elle sera décidée conjointement entre patients et médecins. Les institutionnels sont aussi partie prenante de la démarche, car l’organisation du système de soins influe sur le mésusage ».


Source : lequotidiendumedecin.fr