Brève

Edouard Philippe : « J'ai eu de vraies angoisses au sujet des pénuries de curares »

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Publié le 22/10/2020

On ne sait à qui Edouard Philippe s'est adressé. Aux députés, à la population française, aux hospitaliers? Lorsque, alors qu'il est convoqué devant les députés de l'Assemblée nationale, il lança : « Au fond, c'est vous qui direz quels ont été les échecs et quelles ont été les réussites [de la gestion de cette crise sanitaire] ? » Et d'enfoncer le clou dans l'humilité :  « Et j'espère que ce tableau que vous brosserez rendra hommage à ceux qui ont fait de leur mieux (pas toujours en faisant tout bien) et que cela permettra aux autres de s'améliorer pour la suite. »

L'ex Premier ministre venait de saluer la mobilisation de la structure publique, à savoir les agents de l'Etat, des ARS, les directeurs d'hôpitaux, les médecins. Ceux-ci, face à la pénurie de l'Etat, ont su selon lui trouver des solutions pour en récupérer ou rapatrier (pour les ambassadeurs) en France dans les territoires qui en ont eu besoin. La situation était dramatique, a-t-il insisté : « J'ai eu des vraies angoisses sur ce sujet, quand des directeurs d'hôpitaux me disaient au téléphone : "Dans 36 heures je n'ai plus de curares! et j'ai un service de réanimation plein! Qu'est-ce qu'on fait ?" »

Chemin de crête

A la question du rappporteur Eric Ciotti sur l'hypothèse de désaccords entre le Président et lui, Edouard Philippe a rappelé le chemin de crête sur lequel ils se trouvaient dans la gestion de cette crise. Mais il a nié qu'il y ait eu des désaccords entre les deux têtes de l'Etat. Toutefois, « des débats, des discussions ont bien eu lieu », a justifié Edouard Philippe.

Pas de débat ordonné en France

Concernant les dispositifs qui ont dysfonctionné, Edouard Philippe, « prudent », a insisté sur le fait le manque de débat ordonné a eu une incidence sur l'organisation administrative de la crise. Sans pour autant pointer du doigt qui que ce soit ou quelques service que ce soit. En conséquence, l'ancien Premier ministre a bien reconnu avec les difficultés de la crise et tous les imprévus l'entourant l'absence d'une « expertise reconnue légitime qui fournisse une parole sur laquelle on peut se fonder ». Sur les difficultés d'échange entre le gouvernement et les échelons locaux, aussi bien l'adaptation du dispositif sanitaire au local a pu poser problème que la perception des différences de traitement entre les territoires. 


Source : lequotidiendumedecin.fr