Les élections législatives qui se tiendront les 10 et 17 juin mettront aux prises plus de 6 600 candidats dans 577 circonscriptions. Quelque 200 praticiens vont se lancer dans la bataille électorale. Sur les 41 médecins élus en 2007, 34 vont à nouveau solliciter les suffrages de leurs mandants.
• À l’UMP : des médecins bien implantés pour endiguer la vague rose
Le scrutin aura valeur de test pour l’UMP après l’élection de François Hollande à l’Élysée.
Présentées comme le 3e tour de la présidentielle, ces législatives peuvent permettre à la droite d’imposer une cohabitation au président socialiste. C’est dans cette perspective que les nombreux médecins députés de l’UMP abordent ces élections. À tout seigneur, tout honneur : Bernard Accoyer, président du palais Bourbon, brigue, à 66 ans, un cinquième mandat. Le médecin ORL à la retraite se présente dans son fief Haute-Savoie.
Le médiatique urologue Bernard Debré devrait en toute logique tirer son épingle du jeu dans la 4e circonscription de Paris, historiquement acquise à la droite. Lors du second tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy y a obtenu plus de 75 % des suffrages exprimés.
Très connu des syndicats de médecins, rapporteur maladie des lois Sécu depuis des années, Jean-Pierre Door sera à nouveau candidat dans le Loiret. À 70 ans, le médecin cardiologue, président du groupe des professions de santé à l’UMP, confie au « Quotidien » vouloir « renforcer le service médical de proximité, et créer des maisons de santé pluridisciplinaires ». « Au plan national, j’aspire à retrouver la commission des affaires sociales dont j’ai été le secrétaire, poursuit-il. Je veux aussi continuer à travailler sur les thèmes de santé publique et de sécurité sanitaire. Sur ce dernier point, nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux incidents. » Le député du Loiret souligne qu’il sera attentif, comme l’UMP, à préserver l’équilibre entre public et privé. « Je m’opposerai à la suppression de la convergence tarifaire car il me semble que le programme socialiste entend favoriser le secteur public, ce qui ne correspond pas à notre philosophie en matière de santé », précise-t-il.
Plusieurs autres députés médecins candidats à leur succession pour l’UMP auront du fil à retordre pour contrer l’éventuelle vague rose. Il s’agit de Jean Bardet (Val-d’Oise), Jean-Michel Couve (Var), Jean-Jacques Gaultier (Vosges), Jean Grenet (Pyrénées-Atlantiques), Denis Jacquat (Moselle), Marc Laffineur (Maine-et-Loire), Jacques Le Guen (Finistère), Alain Marty (Moselle), Pierre Morange (Yvelines), Renaud Muselier (Bouches-du-Rhône), Jean-Marie Rolland (Yonne), Philippe Vitel (Var), Philippe Boënnec (Loire-Atlantique), Nicolas Dhuicq (Aube), Sauveur Gandolfi-Scheit (Haute-Corse) et Jean Léonetti (Alpes-Maritimes).
• Au PS : trois praticiens ministres au combat
Le Parti socialiste compte dans ses rangs 13 députés médecins élus en 2007. Hormis Catherine Génisson, élue sénatrice du Pas-de-Calais, tous ont décidé de se représenter. Ce sera notamment le cas de Jean-Marie Le Guen, député de Paris, qui tentera de se remettre de sa « déception » de ne pas figurer dans le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
Ce scrutin aura valeur de test pour plusieurs ministres : Michèle Delaunay (Gironde), qui ne retrouvera pas Alain Juppé sur sa route (ce dernier a renoncé), Jérôme Cahuzac (Lot-et-Garonne), dans une circonscription serrée, et Valérie Fourneyron (Seine-Maritime), en position favorable.
Sous l’étiquette du Parti radical de gauche, Dominique Orliac se présente à nouveau dans le Lot. La députée est persuadée que les Français donneront une majorité à la gauche à l’Assemblée les 10 et 17 juin.
Si elle note que « le corps médical est plutôt à droite, comme la France en général, d’ailleurs », la députée relève que « la jeune génération de médecins est plus attirée par la gauche que les générations antérieures ». « Il ne s’agit pas d’essayer de reconquérir les médecins mais de mener une politique dans leur intérêt et dans celui des patients », ajoute-t-elle. Parmi les principaux "dossiers santé" à régler par le gouvernement, Dominique Orliac cite la permanence des soins ambulatoire dans les territoires ruraux et le financement de la régulation ; le maillage des médecins sur le territoire, et la révision des études médicales avec un renforcement de la médecine générale.
Plusieurs praticiens socialistes ou rattachés tenteront de garder leur siège au Palais Bourbon tels que Gérard Bapt (Haute-Garonne), Jean-Paul Bacquet (Puy-de-Dôme), Simon Renucci (divers gauche, Corse du Sud), Christian Hutin (MRC, Nord, voir portrait ci-dessous), Philippe Nauche (Corrèze) ou Jean-Louis Touraine (Rhône). Serge Blisko se présentera en tant que dissident PS à Paris, sa circonscription ayant été réservée pour un candidat d’Europe Ecologie Les Verts.
• Nouveau Centre : Jean-Luc Préel, apôtre de la régionalisation, jette l’éponge
Olivier Jardé (Somme) et Claude Le Teurtre (Calvados) ont décidé de se présenter à nouveau pour le Nouveau-Centre. L’emblématique député Jean-Luc Préel, député centriste de Vendée, a décidé de ne pas briguer un sixième mandat car de nombreux élus vendéens ont décidé de soutenir un autre candidat. « J’ai 72 ans, il faut être raisonnable même si j’avais envie de continuer », confie Jean-Luc Préel, qui reconnaît que la perspective d’être député de l’opposition ne lui « faisait pas très envie ». « Aux futurs députés de l’opposition, je suggère de s’intéresser aux agences régionales de santé (ARS) : il faut y instaurer une vraie démocratie sanitaire, et aller vers la création d’objectifs régionaux de dépenses d’assurance-maladie (ORDAM). Plus généralement, il faudra régler les problèmes de démographie médicale et de dépassements d’honoraires ».
• Au Parti communiste : Jacqueline Fraysse pour un nouveau mandat
Seule députée médecin pour le PC, Jacquelyne Fraysse, cardiologue de 65 ans, se présente à nouveau dans les Hauts-de-Seine. La maire de Nanterre a été députée entre 1978 et 1986 et elle siège sans discontinuer au palais Bourbon depuis 1997.
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