Toutes les nuits, 80 à 100 femmes enceintes couchent dans la rue à Paris. Parmi elles, autour de 1 000 femmes par an finissent par accoucher sans aucun suivi médical antérieur. Afin de lutter contre cette précarité périnatale, l’Association pour le Développement de la Santé des Femmes vient de relancer, grâce au soutien financier des laboratoires IPRAD, des maraudes hebdomadaires dans l’Est Parisien (10e, 18e, 19e et 20e arrondissement) et dans les départements du 93 et 94.
Leur objectif est triple : apporter les premiers soins, sensibiliser au suivi médical pendant la grossesse et accompagner ces femmes vers une prise en charge.
« Un accueil chaleureux »
Tous les samedis soirs, depuis mars 2014, l’équipe mobile se déplace dans les camps, bidonvilles, squats, et logements insalubres, à la recherche de femmes enceintes isolées du système de soins. Des Roms, pour l’immense majorité. Dans cette population, 9 femmes sur 10 ne sont pas suivies pendant la grossesse. Aux côtés desquelles, femmes sans domicile fixe, et migrantes d’origine africaine souffrent également de grandes difficultés. Pour le Dr Paule Herschkorn Barnu, gynécologue-obstétricienne, et directrice du réseau SOLIPAM (Solidarité Paris Maman) : « Il leur est parfois difficile d’investir la grossesse, et ce, qu’elles que soient leur origine sociale ou leur culture. Or, le lien mère-enfant en dépend ». Aller directement à leur rencontre est donc un enjeu important. « En tant qu’association, nous sommes mieux acceptés, les personnes, même en situation irrégulière, nous font confiance », rapporte le Dr Bernard Guillon, gynécologue, président de l’ADSF. « Les maraudes, poursuit-il, reçoivent un accueil chaleureux ». Pour ce spécialiste, engagé depuis 20 ans auprès de MSF, cette prise de contact informelle permet de tisser un premier loin entre ces femmes et le système de soins. L’idée étant de limiter les complications obstétricales, nettement plus fréquentes en l’absence de suivi médical. Mais également de prendre en charge des femmes, le plus souvent en grande difficulté psychologique. Un bon nombre d’entre elles étant victimes de violences et/ou de toxicomanie.
« Un bilan encourageant »
Chaque maraude est l’occasion de rencontrer autour de 5 femmes, de discuter avec elles, de leur proposer un suivi et une prise de rendez-vous (à l’hôpital, au planning familial, en PMI, etc.). Parfois, des soins sont dispensés dans le camion de l’équipe, comme la réalisation d’un frottis, la pose d’un stérilet ou d’un implant contraceptif. Trois bénévoles, dont un médecin, sont ainsi mobilisés toutes les semaines. Déjà plus de 100 femmes ont été rencontrées. Et plus de 40 soignées ou remises sur le chemin des soins. « Le bilan est encourageant » estime le président de l’association. Le projet est qu’elles puissent tourner 2 à 3 fois par semaine, voire même tous les jours, si l’avenir le permet. « Les besoins sont là et on sait comment y répondre » explique le Dr Bernard Guillon. « Reste à étoffer le panel de bénévoles, médicaux notamment, pour augmenter le nombre et l’efficacité des maraudes. Nous avons les moyens d’aider, avis à toutes les bonnes volontés ! ». Une ouverture à Lille est également en lice des projets de l’association. Entre les consultations, les petits déjeuners gynéco au Samu social (etc.), l’association, créée en 2001, n’est pas prête de s’ennuyer.
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