DEPUIS le début de la campagne, l’appel répétitif du président Hollande et de ses lieutenants à donner au chef de l’État une majorité qui lui permette d’appliquer son programme semble avoir porté ses fruits. La gauche a progressé d’au moins un point. En outre, et c’est le fait principal, le total des intentions de vote PS-Verts et Front de gauche s’élève à 45,5 %. Le total PS-Divers gauche pourrait donner aux socialistes la majorité absolue en sièges (289), soit une fourchette comprise entre 249 et 291, contre une fourchette comprise entre 220 et 274 pour la droite. Le total gauche en sièges atteindrait au minimum 303 sièges et au maximum 357 sièges. Le Front national recueille 14 % des intentions de vote, le MoDem 3 %, les divers droite 2 %, l’extrême gauche 1,5 % et les divers 2 %. Le FN pourrait obtenir entre zéro et trois sièges, le Front de gauche en aurait plus de vingt, EELV en aurait entre 17 et 23.
Ceux qui sont menacés.
Non seulement la messe est dite, mais certains candidats connus de la droite risquent de ne pas être élus ou réélus. Président du MoDem, François Bayrou, activement concurrencé par l’UMP et le PS, dont les candidats ont refusé de se désister, pourrait perdre son siège, ce qui compromettait gravement sa carrière politique. Il semble bien que sa décision, entre les deux tours de la présidentielle, d’apporter son soutien à François Hollande, ne lui ait valu que des déboires, l’UMP ayant refusé de tendre l’autre joue et le PS, sous la houlette d’une Martine Aubry moins indulgente que jamais, n’exprimant aucune gratitude pour son geste. Michèle Alliot-Marie, dans sa sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, n’est pas sûre de retrouver un mandat. Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur, parachuté à Boulogne, peut échouer. Nathalie Kosciusko-Morizet, à Longjumeau, est menacée. Jean-François Copé, en revanche, devrait l’emporter (les sondages lui accordent 47 % des intentions de vote au premier tour), en dépit de l’activisme du FN dans sa ville de Meaux.
LA DROITE VA DEVOIR REPARTIR DE ZÉRO
Voici donc que la droite est condamnée à faire un séjour durable dans l’opposition. Comme l’a promis M. Copé, secrétaire général de l’UMP, elle s’efforcera de reconquérir les territoires qu’elles a perdus à la faveur des municipales et des régionales. Ce qui s’appelle repartir de zéro. En revanche, elle ne sera pas en mesure de s’opposer au programme de François Hollande, programme dont on ne connaît guère le contenu. Si le président s’est hâté de prendre diverses dispositions qui correspondaient à ses promesses électorales, il faudra bien qu’il évalue, après les législatives, les moyens dont il dispose et qui sont faibles ou inexistants. Il est significatif que, après qu’un rapport de Bercy eut indiqué que l’État devait économiser 5 milliards d’euros supplémentaires, chaque année pendant cinq ans, sur la dépense publique, Martine Aubry a aussitôt rétorqué qu’il y avait chez les riches suffisamment d’argent pour que les impôts soient augmentés. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent par le gouvernement Ayrault est de nature dépensière. Aucun représentant du PS ou du pouvoir ne rappelle que la dépense publique a atteint 56 % du produit intérieur brut, que la pression fiscale dépasse les 44 % et que ces deux paramètres suffisent à démontrer que la croissance devient impossible en France à cause du manque d’investissements par les entreprises et les ménages. Un niveau d’impôts excessif n’est pas condamnable parce qu’il pèse sur les nantis mais parce qu’il déséquilibre l’économie.
La gauche triomphera donc aux législatives, mais, du point de vue de ceux qui souhaiteraient que fût appliquée une politique fiscale et sociale équilibrée, il vaudrait mieux que le PS obtienne une majorité absolue en sièges à l’Assemblée, sans quoi il sera en permanence soumis à la surenchère des Verts (avec lesquels il a un accord de gouvernement) et du Front de gauche (avec lequel il n’en a pas). Comme le confirment les déclarations de Mme Aubry, le président Hollande et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, doivent déjà compter avec la gauche du parti, qui veut résoudre tous les problèmes par une dépense accrue et des recettes fiscales en forte hausse. Le président normal, l’homme de toutes les synthèses, devra faire dès la fin du mois des choix explicites : ou bien il ménage sa gauche et augmente les déficits, ou bien il met en œuvre la seule politique raisonnable, quitte à exaspérer certains de ses amis.
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