Les SMS de la SFT 2025

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Publié le 25/11/2025
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Le tabagisme est un facteur de risque de douleurs aiguës et chroniques, en lien avec les pathologies qu’il accentue, telles que les cancers, maladies cardiovasculaires, complications postopératoires et l’ostéoporose. Il augmente la sévérité de nombreuses affections comme la maladie de Verneuil, de Crohn ou la fibromyalgie. Il contribue à la chronicisation des douleurs, l’émergence de douleurs neuropathiques. Il réduit l’efficacité de certains traitements (antalgiques, chimiothérapies, radiothérapies, antidépresseurs, opioïdes).

Les fumeurs diabétiques arrêtent moins souvent de fumer que les non-diabétiques (33 vs 38 %, p < 0,001) d’après l’analyse des données de 94 827 fumeurs adultes suivis en consultations de tabacologie en France (2007-2016). Les facteurs favorisant l’abstinence chez les diabétiques incluaient l’emploi, plusieurs tentatives d’arrêt, une faible dépendance, la prescription de patchs, formes buccales nicotiniques ou varénicline, et un suivi soutenu (≥ 7 consultations). Les facteurs réduisant la probabilité d’arrêt étaient les antécédents de maladie coronaire ou de BPCO, l’anxiété, le cannabis et la prescription exclusive de substituts oraux.

À propos des effets cardiovasculaires à long terme des cigarettes électroniques, une étude montre que les arômes, surtout la cannelle, et la puissance de vaporisation augmentent la cytotoxicité et l’inflammation des cellules musculaires lisses aortiques, tandis que les liquides neutres ou contenant uniquement de la nicotine ne produiraient pas d’effet significatif.

Chez les seniors souffrant d’affection respiratoire, les effets de l’arrêt du tabac apparaissent rapidement : 24 heures après, le taux d’O2 expiré se normalise ; 72 heures après, l’obstruction bronchique diminue. Entre quelques semaines et trois mois, toux et dyspnée s’atténuent. Entre un et neuf mois, les cils bronchiques retrouvent leur fonction, améliorant l’élimination des sécrétions, réduisant le risque d’infections respiratoires et favorisant une meilleure fonction pulmonaire.

L’industrie du tabac a historiquement ciblé la communauté LGBT+ via des stratégies marketing exploitant les vulnérabilités liées au stress minoritaire et à la discrimination, le tabac étant présenté comme un moyen de gestion émotionnelle. Ces pratiques nécessitent des stratégies de dénormalisation adaptées, incluant le « social branding » et des programmes de sevrage intégrant la gestion du stress spécifique aux minorités.

Hélène Joubert

Source : Le Quotidien du Médecin