Des études de sage-femme à celle de médecine, le parcours peu commun d’une future praticienne. « Je souhaitais avoir une responsabilité médicale plus large, notamment lors de certaines situations complexes que je rencontrais parfois dans mon exercice de sage-femme », raconte Marine Dubel-Jam, ancienne sage-femme et actuellement étudiante en sixième année de médecine.
Après une première Paces, la jeune femme décide de s’orienter vers les études de sage-femme par amour de la maïeutique. Une fois ce cursus réalisé, il lui reste un goût d’inachevé. Sa volonté d’accompagner davantage les femmes l’amène à se tourner vers la médecine. À la fin de leurs cursus, les futures sages-femmes apprennent à prendre en charge certaines situations pathologiques, sans toutefois pouvoir toujours aller jusqu’au bout. « Je ressentais, confie-t-elle, une frustration de devoir passer la main à un médecin. Je voulais réellement accomplir ma tâche dans son intégralité. »
Cette envie a germé en 2017 lors d’un cours en amphithéâtre commun avec les étudiants de Paces. Elle se souvient encore de la remarque qui l’a interpellée : « On nous a dit : “Les sages-femmes, pas la peine d’écouter, cela ne vous concerne pas.” Et je me suis dit : “Eh bien non ! Moi aussi, je veux savoir.” » Au-delà de cette volonté d’aller plus loin, Marine Dubel-Jam est également marquée par la passion des médecins qu’elle côtoie et qui parlent de leur métier « avec des étoiles dans les yeux ».
Après mûre réflexion, elle décide de se lancer juste après l’obtention de son diplôme en 2022. Marine emprunte donc la voie de la passerelle qu’elle obtient et qui lui permet d’intégrer directement la troisième année de médecine. Sa première formation n’est nullement un handicap, elle lui a apporté de précieuses connaissances en physiologie et une approche de l’hôpital plus transversale. « En maïeutique, nous apprenons d’abord comment le corps fonctionne avant d’aborder les pathologies. En médecine, c’est souvent l’inverse. Et parfois, je trouve cela un peu dommage. »
Son expérience de sage-femme est aujourd’hui un atout, notamment en gynécologie. « J’espère pouvoir l’intégrer dans ma pratique de médecin. Il y a des compétences que nous avons acquises qui sont uniques. » Elle souligne aussi une différence majeure entre les deux formations : « En tant que sage-femme, nous nous spécialisons très tôt en gynécologie, obstétrique et pédiatrie. En médecine, il nous est demandé d’être bons dans tous les domaines très longtemps, ce qui peut être frustrant pour un étudiant qui sait déjà ce qu’il veut faire. »
Le métier de sage-femme ne l’a pas quittée
Elle précise pourtant ne pas avoir perdu l’amour de son premier métier : « Je continue à exercer comme sage-femme tous les dimanches, lors de gardes de 12 heures. C’est un vrai plaisir. » Pour elle, c’est une manière de rester ancrée dans la périnatalité, mais aussi « de décompresser et de revenir à quelque chose que je maîtrise à 100 % ».
Ce double parcours n’est pas sans sacrifices. « Évidemment, avoue-t-elle, les études de médecine ont un peu impacté le sommeil et la vie sociale, mais je n’ai jamais sacrifié le sport. Cela m’a permis de garder un bon équilibre. La santé mentale des étudiants est un vrai sujet : il faut la préserver pour tenir sur la durée, car ce cursus est un véritable marathon. »
La jeune externe vient tout juste de passer le concours et espère obtenir la spécialité de gynécologie-obstétrique mais elle ne ferme pas la porte à la pédiatrie et la médecine générale. « Je n’ai pas vocation à être différente ou meilleure que les autres. Mon objectif est d’abord de travailler dans le public. C’est là que nous nous formons le mieux et que nous acquérons toutes les compétences pour prendre en charge tous les types de grossesses. » Actuellement classée dans le premier tiers, elle compte bien tout donner pour réaliser son rêve.
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