LA RÈGLE du jeu édictée par Jean-Marc Ayrault est simple : les ministres battus devront quitter le gouvernement. Vingt-cinq ministres abordent donc ce scrutin en forme de quitte ou double.
Mais l’épée de Damoclès est plus ou moins lourde. La plupart des nouveaux ministres sont en réalité en position favorable, dans des circonscriptions où François Hollande a été majoritaire, souvent largement. Néanmoins l’incertitude du suffrage universel, l’équation politique locale, les dissidences ou la baisse probable du taux de participation rendent les pronostics complexes.
Touraine dans une circonscription serrée.
La menace sera réelle pour plusieurs nouveaux ministres impliqués sur les sujets de santé et de protection sociale. Marie-Arlette Carlotti, chargée des Personnes handicapées, a la tâche la plus rude puisqu’elle affronte à Marseille le député UMP sortant Renaud Muselier, médecin et ancien ministre, dans une circonscription équilibrée (50,2 % pour François Hollande au deuxième tour de la présidentielle).
En Indre-et-Loire, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, ne devra pas baisser la garde (51,8 % seulement pour Hollande), pas davantage que le chirurgien Jérôme Cahuzac (chargé du Budget) dans sa circonscription du Lot-et-Garonne. En cas de victoire, ces deux ministres seront dans quelques mois aux manettes (partagées) de la loi de financement de la Sécurité sociale, comme l’ont précisé les décrets d’attribution de Bercy et du ministère des Affaires sociales/Santé. Dans son fief du Doubs, le ministre de l’Économie et des Finances Pierre Moscovici devra lui aussi jouer serré, François Hollande ayant réalisé un score de 51 %. Quant au ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire, Benoît Hamon, il est en lice, favori, dans les Yvelines.
Deux ministres médecins n’ont en revanche guère de soucis à se faire : en Gironde, Michèle Delaunay (chargée des Personnes âgées et de la dépendance dans le gouvernement Ayrault) qui avait battu Alain Juppé en 2007 n’affrontera pas cette fois le maire de Bordeaux qui a renoncé. Quant à Valérie Fourneyron, ministre des Sports, elle devrait franchir aisément l’obstacle à Rouen.
Si la logique électorale de confirmation présidentielle prévaut, tous ces ministres devraient l’emporter. Dans le cas d’un sursaut de la droite, quelques-uns peuvent tout perdre.
Bertrand à la reconquête.
Du côté des ex-ministres du gouvernement Fillon (24 sont en lice !), l’équation est parfois plus compliquée pour obtenir le ticket vers l’Assemblée. En cas de vague rose, certains y laisseront des plumes.
Parmi les figures emblématiques, l’ancien ministre du Travail et de la Santé, Xavier Bertrand, mène un combat très incertain dans l’Aisne malgré son robuste ancrage local. Dans sa circonscription, François Hollande avait recueilli 52,5 % des voix au deuxième tour et, surtout, le score très élevé du Front National (près de 28 %) lui complique la tâche en cas de triangulaire...
Le sort de Nora Berra est depuis longtemps scellé : au terme d’une bataille d’investiture avec les élus UMP de Lyon, l’ancienne secrétaire d’État à la Santé a renoncé à être candidate. Roselyne Bachelot (qui fut notamment ministre de la Santé puis des Solidarités) a pour sa part annoncé depuis longtemps qu’elle ne se représenterait pas, souhaitant continuer sa vie politique « autrement ».
La route est parfaitement dégagée en revanche pour Jean Leonetti, ex-ministre des Affaires européennes,en course pour un quatrième mandat dans les Alpes-Maritimes. Le député maire d’Antibes, cardiologue, spécialiste des questions d’éthique, croise le fer dans une circonscription où Nicolas Sarkozy a obtenu 66 % au second tour. Pour l’ancien président de FHF, le suspense est donc mince.
On suivra enfin avec intérêt le duel de « stars » à Paris entre l’ancien Premier ministre François Fillon et le médiatique médecin généticien Axel Kahn, soutenu par Martine Aubry, et qui entend déjouer les pronostics.
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