Transplantation : des données à sept ans sur l’alcool

Par
Publié le 20/03/2025
Article réservé aux abonnés

Crédit photo : APHP-St ANTOINE-GARO/PHANIE

L’étude QuickTrans, publiée en 2022 (1), avait montré que la survie à deux ans après une transplantation hépatique (TH) pour une hépatite alcoolique (HA) sévère résistante au traitement médical était similaire à celle des patients transplantés pour une cirrhose liée à l’alcool, après un délai d’au moins six mois de sevrage. En revanche, elle n’avait pas permis de démontrer la non-infériorité du risque de reprise de la consommation d’alcool. Pour tenter de répondre à cette question, des données à long terme étaient nécessaires.

Ainsi, le suivi a été poursuivi après l’étude initiale, chez 240 patients (2). Parmi tous les patients avec HA, ceux transplantés ont une meilleure survie à 84 mois (64 vs 13 % ; HR = 4 [2,5-6,67] ; p < 0,001). « Les taux de reprise de la consommation d’alcool entre deux et sept ans après la transplantation sont comparables chez ceux transplantés pour une hépatite alcoolique, ou pour une cirrhose après six mois d’abstinence », commente le Pr Alexandre Louvet (CHU de Lille). Le risque de reprise ne différait pas entre les groupes, au cours des vingt-quatre premiers mois ou entre vingt-quatre et quatre-vingt-quatre mois. De plus, « l’essentiel des reprises d’une forte consommation survient au cours des deux premières années post-TH. Il faudrait renforcer la prise en charge addictologique précoce après une TH réalisée en procédure accélérée pour une HA et pour cirrhose, et savoir l’intensifier en cas de reprise tardive de consommation d’alcool à risque », propose le spécialiste.

Le taux de première reprise était plus élevé dans le groupe HA que dans le groupe cirrhose à deux ans (23,5 vs 5,4 % ; HR = 4,86 [1,78-13,2] ; p = 0,002), mais non significatif ensuite. Une tendance à une incidence plus élevée de cancers (bronchopulmonaires, ORL, de l’œsophage et voies urinaires) était observée chez les patients transplantés pour cirrhose (20 contre 7 cas ; p = 0,06), « ces derniers ayant également tendance à avoir une survie à long terme moins favorable », indique le Pr Louvet.

(1) Louvet A et al. Lancet Gastroenterol Hepatol. 2022;7(5):416-25
(2) JFHOD 2025, C153. Louvet A et al. Transplantation hépatique en procédure accélérée pour hépatite alcoolique sévère : données à long terme de l’étude contrôlée QuickTrans

Hélène Joubert

Source : Le Quotidien du Médecin